A l'heure où j'écris cet article, se poser la question du bien fondé de l'intervention militaire en Afghanistan est totalement légitime. Nous voyons 40 nations qui semblent embourbées sur le sol afghan. De plus l'arrivée d'un nouveau contingent de soldats français nous fait craindre des pertes encore plus élevées...
Avant toute chose il ne faut pas se voiler la face, c'est bien une véritable guerre qui s'est installée. Notre président Sarkozy prétend le contraire en disant que la population n'est pas contre notre intervention. Mais cela semble pour le moins trop stéréotypé...sous la menace des représailles des talibans, il est facile de retourner une population (bien sûr je n'écarte pas aussi les pressions faites par les troupes de maintien de la paix qui recherchent l'adhésion des populations locales). Dans cette guerre de type « guérilla », la population en plus d'être divisée en différentes ethnies ,se retrouvent tiraillées entre le service pour deux camps totalement opposés. Pour faire face à l'emprise des talibans sur les populations par le recours à l'endoctrinement ou la violence, nous ne voyons pas d'autres réponses parfois que le recours ultime à la force. Bien sûr les opérations de reconstruction des infrastructures, l'aide aux populations demeurent l'instrument principal pour éviter les affrontements entre populations civiles et militaires.
Sommes nous capable de sortir du bourbier afghan ? Je pense que malheureusement seul l'avenir pourra le dire, nous devons continuer à renforcer certes la puissance militaire étrangère en Afghanistan en insistant le plus possible sur les équipes de tutorats (OMLT), et les équipes de reconstructions. Mais une guerre ne se joue pas que sur le point purement martial, il faut aussi intensifier les investissements financiers, lutter contre les corruptions, pacifier politiquement les régions voisines (exemple du Pakistan), créer un réseau de relations entre les grandes puissances et les dirigeants afghans.
Le chemin reste encore long et dangereux mais abandonner l'Afghanistan sera la pire des choses à faire. Cela reculerait encore les frontières des conflits, intensifierait le terrorisme, envenimerai la situation déjà tendue au Moyen et Proche- Orient...l'Europe ne serait plus alors très loin ! Il faut donc encore croire en une possible solution.